Chansons
Chanson pour Jean-Louis


 

Chanson pour Jean-Louis 

 
Un faux pas ne peut pas
Ne pas avoir été.
Qu’on l’accepte ou pas  
C’est la réalité.   
                                            
J’aurais dû, ce jour-là,
Rester couché, dis-tu,
Comme tous ces gars-là,
Paresseux, sans vertu.
 
Roupiller bien au chaud,
En toute sécurité,
Le nez sur l’oreiller,
Le sexe vers le haut.  
 
 Tu te dis; « j’aurais pu…
 Ou plutôt j’aurais dû
 Faire cela, pas ceci,
 Sur ce maudit banc de scie!»     
 
Dis-toi, rien n’y peut rien,   
C’est arrivé, voilà,
Un bout de doigt en moins
Il y a bien pire, va!  
 
Tu es vivant, à l’aise, 
Comme un chêne bien droit,       
Pour t’aimer près de toi,
Une  Marie-Thérèse. 
       
Ton bout de doigt  ôté
Ne fera pas, demain,
Que tu ne puisses porter
Ce grand coeur sur ta main.